Silence

Silence
Et faire taire toute violence par une loi du silence
pour trouver une voie dans l'adolescence, éteindre la voix de l'enfance
et les larmes si salées, ramènent des souvenirs secrets
l'envie de sombrer dans un coma sucré où dans les rêves je peux oublier
les trahisons et les défaites.
montrer des défauts que je n'étais pas prête à affronter
mon orgueil de fille faible, qui se complaît dans ses insuffisances
se caractérise par ses errances, et par le silence.
Le bavardage est mon atout le plus parfait, il cache mes gouffres secrets
et permet aux graines de ma prose de s'ouvrir dans mon esprit
dans ma panic room tout au fond dans ma tête
où je ne peux vivre que la nuit
je sens que mon corps me trahit et le doute m'envahit
c'est une colère divine, qui me révèle monstrueuse
je n'aime pas tous les jours, c'est trop dur de donner son amour
dans le sommeil, enfin, je vis sans me mesurer aux miens
qui me font peur, face à qui je ne vaux rien
accepter leurs erreurs, c'est me voir sans masque trompeur
les mots, les mots, les mots, les maux
je voudrais dormir toujours, dans le silence.

image www.jamendo.com

Marianne
# Posté le vendredi 02 février 2007 12:28

Il était une fois...

Il était une fois...
J'aime pas quand tu ne penses qu'à toi
parce que moi, je ne pense toujours qu'à toi
et personne ne pense à moi.
Alors comme j'ai eu tellement peur que tu me laisses,
je t'ai laissé, et mon coeur je l'ai donné à un savant vêtu de blanc.
Qu'il disseque un coeur bien grand et bien esseulé
puisque de toute évidence tu n'en a jamais saisi le sens
j'avais envie de faire progresser la science.
Et bientôt j'ai découvert que les princes n'existaient pas
et que dans la vie y'a des ogres, des menteurs et pires des égoistes
j'ai décidé de ne plus croire en nous, tout lentement j'ai arrêter d'aimer
Et moi, ta jolie princesse de la solitude, je regarde ébahie,
le désenchantement de ma vie rêvée. Ma vie de contes de fées.
Et tout compte fait, je sais au fond, que le Grand,
Le méchant loup sera toujours là au pied de mon lit.
J'ai attendu ton cheval blanc, à la place j'ai pris le bus.
J'ai attendu ton pur baiser, à la place j'ai eu les lèvres gercées.
Et puis, je me suis dit "Le vilain n'est pas vraiment méchant juste un peu lent"
Electrochoc, mon chéri, je te réveille. Je suis pas la Belle au Bois Dormant.
Bien que parfois je m'abandonne des journées entières à dormir, rêvant encore plus fort.
Tu as mis le temps, et dieu, quel temps tu as pris.
Mais enfin tu as compris, je t'ai rendu mon coeur, un peu cassé
mais au final vraiment prêt à aimer.
Mais sache mon amour, que si encore tu me laisses dormir dans ma tour dorée,
mourir, pleurer et me morfondre sur ton manque d'intêret :
Je serais bien capable de sauter sur la croupe du cheval d'un autre que toi...

source image : http://inaia.joueb.com/images/tite%20princesse%202.jpg
# Posté le dimanche 21 mai 2006 06:50

Comme une pierre

Comme une pierre
Il est tombé du ciel comme une pierre
sur moi, pas de chance je suis toute abimée
comme un ange, comme c'est étrange
je ne le comprend pas tant pis pour moi
drôle de créature silencieuse et bête
elle m'évapore avec ses silences
je suis en orbite autour de son glaçon
de son petit coeur étanche, en apesanteur
je gravite autour de son coeur sans pouvoir l'ouvrir
ton égocentrisme et merde je t'aime quand même
je vole comme un satellite paumé dans l'espace
tu parles d'un aterrissage en douceur, un crash aucun survivant
et ma vie prend de l'altitude pour retomber comme un oiseau mort
tu es une drôle d'étoile un soleil glacé pauvre de moi
et je m'affole je ne t'aime plus du tout
je danse et toi en silence tu me regarde l'air absent
je vole, je danse, je vole, et je m'écrase
tu dois avoir un beau nombril pour l'aimer autant
Comme dirait Gabin mon petit chéri t'as pas fini de tourner !
La tête en transe et le corps qui se balance
dans ton silence je danse ! Je danse
Détache moi ! Laisse moi respirer
tu n'as pas su me dire que tu m'aimais
j'enrage dans ta cage, je suis volage
C'est le jour où tu veux savoir et où je te reponds "non non non non"
je ne t'aime pas mon caillou
Epouse ta nordique moi je te dis archi-non !
Je voudrais que tu exploses
Une métamorphose, mon caillou tu vas voler
Tu peux bien mourir, ou courir loin de moi
je danse encore et même je crois que je vais mourir comme ça
J'ai trop pleuré pour le gros caillou que tu es
pour tes non-dits, pour ma vie qui n'est plus rien
Je chuchote, des images qui font mal, tu m'es tombé dessus, aie
tout doucement, tout lentement, tout tendrement, je danse
pour me rapprocher de ton autre toi, celui que j'aime avec mes yeux
et toi je te deteste parce que ta bouche ne m'as jamais aimée.
Et je me noie et même je crois que je vais t'emmener avec moi
au fond des océans où tout est comme toi très froid.
Je me glisse hors de tes doigts regarde je pars !
Aussi surement que la nuit tombe aussi lentement que le jour se lève
je t'oublie, mon chéri, je t'oublie
au profit de ton clône, celui qui respire dans ma vie
Mon monde de photocopies, tous les jours quand je m'ennuie je pense à lui
tu n'es rien qu'un caillou, un caillou pointu dans ma chaussure
tout le temps, je t'oublie, c'est tout doucement que je l'aime lui
je t'oublie je danse pour lui par lui en lui.
C'est le jour où je te tue, mon tendre chéri, c'est le jour où tu pleures
tu vas décoller, brutalement, et retomber au loin, loin de moi
je t'oublie, cette fois tu ne peux pas me reprendre
c'est pour longtemps que je t'oublie pour vivre enfin ma vie
avec mes bruits mes rires ma danse et pas ton amour étanche étrange douloureux
tu es mort tu es un caillou roule roule au loin
je ne t'aime pas je ne t'aime pas tu me fais mal je t'aime moi non plus
Regarde il vit, il fait du bruit, il est beau même visage que toi
mais son coeur est chaud, il palpite pour moi
il ne le sait pas mais c'est moi qui vais l'aimer toujours
je vais lui tomber dessus pauvre de lui !
# Posté le mercredi 10 mai 2006 11:52

Mots et maux

Lambeaux, de Charles Juliet.

Le passage (p.150-151) m'a plongée dans une vive émotion. Ces gens décrits : les mutiques, les oubliés, les désespérés. Ces mots ont été comme des bombes déposées en moi, et soudain la déflagration. Etrange paradoxe : une explosion silencieuse, très silencieuse, dont les ondes violentes pourtant font se couvrir mon corps de chair de poule.
J'ai compris cette frustration de celui qui crie sans auditeur, de celui qui se hait de ne pas être aimé et se punit encore et encore. Et là, dans le douloureux sillage des mots, enfermée et vide face à l'amer constat j'ai senti cette odeur pourrie de mots machés et ravalés. J'ai compris que ces gens que je plaignait, qui me donnait envie de pleurer, je pleurais d'en faire partie.
Je me suis vue, petite, essayant encore et toujours de parler avec des sourds et luttant contre l'oubli avec toute ma voix. Je me suis vue babillant devant ma mère qui aurait pu comprendre plus si j'avais seulement pu lui dire ce que je ressentais. Tout ce gâchis de mots qui m'aurait soulagée et qu'elle aurait écouté sans impatience.
Cette effroyablement coutumière solitude a repris le dessus. Ce vide de mon enfance, et de mon adolescence a pris toute sa dimension : c'est la solitude de celui qui se parle à lui-même.
C'est cette lutte avec les mots, avec mon stylo contre la detresse qui s'est dressée. La machoire crispée, j'ai regardé les lignes tracées et j'ai vu l'enfant bléssé que j'avais oublié être. Je suis de "celles qui ont été gravement humiliées et portent au flanc une plaie ouverte". Mais encore plus honteux, cette plaie jamais guérie je l'ai cachée en la bouchant avec tout ce qui passait. Tout même ce qu'il y avait de plus sale. Pour moi aussi il reste des lambeaux de cette douleur. Et maintenant je prends la parole, de force peut-être, pour guérir de cette marque. De cette punition infligée à ceux qui n'ont pas su se faire aimer. Et vivre, enfin, loin de cette honte de solitaire qui croit être exclu et se mutile en silence dans une rage qui lui semble familière. Comme nous sommes injustes, nous souhaitons tellement de reconnaissance que nous oublions ceux qui nous aiment. Comme notre faute est impardonnable envers ceux qui nous ont aidés et que nous avons oubliés. La recherche de ce passeport social et affectif nous a fait oublier ce qui comptait. Ce peu, si peu à nos yeux, qui devient tout quand on le voit enfin.
# Posté le jeudi 15 décembre 2005 12:56
Modifié le vendredi 16 décembre 2005 13:37

Memories

Memories
Garder des traces est en fait la seule chose que je sais faire dans ma vie.
Garder des souvenirs infimes et stupides de chaque sourire et de chaque larme.

Dans une boîte je conserve de manière toute enfantine les souvenirs que j'ai jugé les plus précieux. Ma première place de théâtre pour une pièce marquante ("Le Dernier Jour d'un Condamné", monologue de Victor Hugo), la première vraie lettre que j'ai reçue (je te la dois Séverine...), une mèche toute bouclée que j'ai coupée de la tête de mon grand amour, les lettres écrites et jamais envoyées, le petit mot d'un ami. Cette valeur sentimentale que j'attache à chaque objet me rappelant quelqu'un lui confère une dimension presque sacrée.
Les places de cinéma sont pour moi quelque chose de magique : c'est la synthèse de toute l'émotion d'un film, de tout le plaisir partagé avec une personne rassemblée en un bout de papier! Et magie suprême ce papier minuscule me donne aussi la date et l'heure qui pourrait faire défaut à ma mémoire jeune mais vacillante.
J'adore me replonger tête baissée dans mon journal intime à n'importe quelle page et relire avec délectation mes chagrins et mes joies. La plupart du temps mon esprit critique me montre combien j'avais mal jugé une situation et combien la déception amoureuse évoquée à telle page était en fait prévisible. Par exemple il m'arrive extrêmement souvent d'écrire une phrase telle que "oh mon dieu Rémi va me quitter" et de déclarer cinq jours plus tard au comble d'un ravissement sans précédent" Rémi est un amour!" Mais c'est un véritable plaisir que de relire mes serments éternels de haïr telle personne et de découvrir vingt pages plus tard que cette même personne prend soudain le titre de "amie" après avoir été l'ennemie condamnée à mes foudres et maudite jusqu'à la fin des temps. Cela me démontre ma capacité à pardonner certaines personnes, ou mon optimisme qui me pousse à croire même devant certaines évidences que tout le monde n'est pas (si) pourri ou cela me démontre aussi souvent mon incroyable naïveté. Il est en effet assez paradoxal qu'une personne aussi méfiante que moi puisse donner de si grandes preuves d'amitié à des gens qui au final ne s'avèrent pas très méritants. J'aimerai n' y voir que de la générosité...
Mais tenir un journal n'a absolument pas pour but de consigner les faits et gestes d'une vie qui somme toute est assez ennuyeuse, cela aurait plutôt comme but de surveiller mon évolution. J'aime à voir que je me retrouve rarement deux fois dans la même situation et que j'arrive à tirer certains enseignements de mes petites misères. Tout comme j'en tire de celles de mes parents. A savoir que grâce à mon père je me méfierai toujours des banquiers, et que grâce à ma mère je me méfierai toujours des gens qui ne disent pas "merci". J'aime aussi à constater que je peux tirer un plaisir simple à regarder des cartes postales collées, à contempler des photos et à me rappeler tout simplement que la vie peut parfois être simplement composée de bons moments qu'il suffit de savoir apprécier.

Marianne
# Posté le dimanche 27 novembre 2005 06:18